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Quel budget pour ouvrir une épicerie fine ?

Budget pour ouvrir une épicerie fine : ce qu’il faut prévoir

15 sept. 2020

Quel est le budget pour ouvrir une épicerie fine ? C’est LA première question à se poser si l’on souhaite créer une boutique de produits gourmands.
Car derrière le rêve de devenir épicier se cachent plusieurs investissements à réaliser d’emblée puis à prévoir sur la durée pour être serein. Et… devenir rentable !
Zoom sur les principaux éléments financiers à connaître avant de se lancer dans un segment passionnant et en pleine croissance.

Un commerce de proximité qui séduit les porteurs de projet

Goût prononcé pour la gastronomie, engouement pour les produits locaux, recherche de produits du terroir d’exception… Les Français adorent leurs commerces de bouche ! Rien d’étonnant : ils sont toujours en quête de produits alimentaires de haute qualité et de découvertes gustatives. Et l’épicerie fine surfe pleinement sur cette envie de consommer mieux. 

Ouvrir un magasin gourmet a de quoi séduire les porteurs de projet qui y voient la combinaison heureuse entre plusieurs aspirations : 
• La dimension humaine d’un métier de contact avec la clientèle
• Le conseil, l’accompagnement et l’expérience client ultra qualitative et personnalisée
• La quête du meilleur produit et des tendances 
• Les partenariats tissés avec les producteurs pour privilégier les circuits courts et le terroir local.


Il s’agit d’un concept passionnant à bien des égards. Mais si le budget pour ouvrir une épicerie fine peut paraître plus abordable que celui d’un restaurant, la réalité n’est pas si simple.
 
Certes, vous pouvez créer un magasin seul(e). Et donc, sans le coût de main d’œuvre, contrairement à un restaurant. Mais votre stock sera, en revanche, bien plus important.
Des investissements initiaux seront nécessaires, comme des aménagements et des achats de mobilier et de stock... Sans oublier les frais de fonctionnement. Et tout cela a un prix ! 

ouvrir une épicerie fine

L’achat du fonds de commerce : un investissement de taille


Dans votre budget pour ouvrir une épicerie fine, il vous faut un local en adéquation avec votre projet. L’achat du fonds de commerce constitue le plus gros investissement de départ à prévoir ! 

Difficile pour autant d’estimer un prix moyen à y consacrer. Il dépend bien sûr de la surface, de la ville, du quartier et parfois même de la rue d’implantation ! 

Une recherche qui mérite cependant d’avoir en tête des points de vigilance importants qu’ApisFair a déjà listé ici.

« Mieux vaut se tourner vers des fonds de commerce dont le bail commercial est déjà destiné à une activité d’épicerie fine, conseille Samira Zabot, fondatrice et dirigeante du cabinet ApisFair. Avec un fonds de commerce on achète une activité, il conviendra ensuite d’y ajouter le coût du loyer mensuel ».

D’autres frais s’ajoutent à cette étape : 

• Les honoraires de l’agence immobilière (entre 8 à 14% du prix du fonds)
• Le dépôt de garantie (l’équivalent de 3 mois de loyer)
• Les honoraires pour la rédaction du bail (2500 euros environ)

Il faudra également penser à passer le permis d’exploitation : la formation obligatoire pour vendre des alcools et spiritueux (environ 500 euros)

Des travaux pour personnaliser votre décoration

Qui dit budget pour ouvrir une épicerie fine, dit… travaux ! Ils dépendront évidemment du concept d’épicerie que vous développerez. Qui dit budget pour ouvrir une épicerie fine, dit… travaux ! Ils dépendront évidemment du concept d’épicerie que vous développerez. 

Et dans ce domaine, l’imagination n’a pas de limites ou presque : 

• L’épicerie fine thématique autour des produits de la mer (sardines, saumon, caviar, etc)
• L’épicerie 100% produits bio
• L’épicerie 100% vrac
• L’épicerie autour de produits régionaux
• Le magasin autour de la truffe
• Le commerce gourmet autour des chocolats, des biscuits et confiseries
• L’épicerie fine « hybride » qui conjugue plusieurs espaces : vente de produits gourmands secs et frais, découpe de fromages et de charcuteries, coin « petite restauration et dégustation », offre traiteur…

Dans tous les cas, un rafraîchissement et des travaux de peinture seront indispensables. Parfois même une mise aux normes et la création d’un toilette.
Viendra ensuite le choix des matériaux, les besoins en agencement, en mobilier et en déco. A prévoir dans votre budget pour ouvrir une épicerie fine : comptoirs, étagères, éclairages LED pour sublimer les étals…

« La décoration doit absolument être en adéquation avec son positionnement, indique Samira Zabot. La réussite d’une épicerie fine ne se joue pas uniquement sur les produits. Il faut aussi savoir optimiser sa surface de vente. Nous sommes ici pleinement dans un marketing sensoriel : le lieu doit éveiller les sens et rendre l’expérience agréable ».

Mieux vaut partir de l’existant en apportant ses améliorations et en personnalisant l’espace. Dans ce cadre, il faut généralement compter entre 20 et 30 000 euros pour s’allouer les services d’un architecte d’intérieur. Il va réaliser ses recommandations puis piloter le chantier et les corps de métiers qui vont intervenir. 
« Dans un budget pour ouvrir une épicerie fine, les travaux et les aménagements représentent en moyenne 300 à 400 euros du m2. Sachant qu’il est recommandé de détenir une surface minimale entre 70 et 100 m2 pour être rentable », complète Samira Zabot.

aménagement épicerie

L’achat des équipements pour faire tourner la boutique

Pour compléter cette étude du budget pour ouvrir une épicerie, viennent les investissements nécessaires au fonctionnement de votre commerce alimentaire.

Vous avez besoin d’une vitrine réfrigérée pour la vente des produits frais ? Comptez un prix de départ autour de 3000 euros.

Vous prévoyez l’achat de caves à vins ? Les premiers prix pour une cave de 120 bouteilles débutent à partir de 600 euros. Il en faudra sans doute deux : l’une pour conserver les rouges, une autre pour les blancs, rosés et champagnes.

Dans votre budget, n’oubliez pas les postes de pesée (entre 300 et 500 euros) ainsi que le matériel de découpe.

Stock, enseigne et communication : les indispensables

Les éléments d’un budget pour ouvrir une épicerie fine ne s’arrêtent pas aux travaux, à la déco et aux matériels. Autre étape cruciale : la création de votre stock de produits d’exception qui raviront les papilles de vos clients.

« En fonction du concept, le stock représente plusieurs milliers d’euros d’investissement, note Samira Zabot. Il peut aller jusqu’à 10 à 15 000  euros. Mais avant de passer commande, il convient d’avoir d’abord travaillé son aménagement et avoir une idée précise de l’espace dont on dispose. Ceci afin d’éviter l’erreur de commander inutilement trop de marchandises que l’on ne saura pas où positionner. Passer commande au plus juste des produits d’épicerie fine est aussi une bonne façon d’optimiser sa trésorerie en phase de lancement ».

Avant d’ouvrir votre magasin, vous allez compléter avec :

  • Les frais d’établissement (création de votre société) : environ 1500 euros
  • L’achat et la pose d’une enseigne : environ 800 euros
  • Le coût de la communication : création de logo et de cartes de visites : environ 250 euros,  publicité dans la presse locale.

Les frais généraux : la liste ultime !

Une fois votre local opérationnel et votre gamme de produits constituée, les frais de fonctionnement sont à passer à la loupe pour établir votre prévisionnel.

Voici les éléments à prendre en compte :

  • La location des locaux (elle ne doit pas excéder 10% du chiffre d’affaires)
  • Les charges locatives
  • Les consommables
  • Les assurances diverses & assurances des locaux
  • L’expert comptable
  • La téléphonie et internet
  • Le terminal de paiement
  • La caisse de facturation (généralement à la location sur 3 ans, comptez environ 1400 euros par an)
  • Les services bancaires
  • Les commissions CB
  • Les frais postaux
  • Les déplacements
  • L’achat de matériel divers
  • L’entretien de matériel
  • L’eau et l’électricité
  • La Sacem et la SPRE (pour être autorisé à diffuser de la musique)
  • La documentation professionnelle pour se tenir au courant des tendances

« Un porteur de projet doit garder à l’esprit que les frais généraux ne doivent pas excéder 25% de son chiffre d’affaires, explique Samira Zabot. Pour établir son prévisionnel, je conseille de surévaluer les charges de départ et de sous-évaluer son CA, c’est le meilleur moyen d’avoir de bonnes surprises ! »

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Des subventions pour alléger votre budget pour ouvrir une épicerie fine

Nous venons d’évoquer dans le détail l’ensemble des frais qui entourent l’ouverture puis le fonctionnement d’un point de vente de produits d’épicerie.

Si la liste peut paraître longue, il y a pourtant une excellente nouvelle ! Vous pouvez être aidés par de multiples organismes.

Votre budget pour ouvrir une épicerie fine pourra par exemple s’alléger grâce à des subventions émanant du Conseil régional et du Fond social européen.  

Celui-ci s’intéresse particulièrement aux porteurs de projet à fort impact environnemental et solidaire. En tant que commerce de proximité proposant un choix de produits locaux, voire artisanaux, l’épicerie fine contribue à la dynamique des territoires et des centres villes.

Emprunt bancaire et fonds propres : la bonne combinaison

Pour ouvrir un magasin de bons produits, il faudra sans doute passer par la case emprunt bancaire. Les taux bas du moment sont un signal particulièrement encourageants pour les épiciers en devenir ! Avec cependant des disparités géographiques. « ApisFair accompagne des porteurs de projet dans toute la France, en Paca, à Lyon, Dijon, Bordeaux, Toulouse, Rennes ou encore Grenoble, explique Samira Zabot. Nous avons constaté que les banques, pour octroyer un prêt, souhaitent généralement que les fonds propres représentent entre 20 et 35% du montant emprunté ».

Car bien sûr, détenir un apport personnel aura de quoi rassurer un établissement bancaire et apporter la preuve de votre motivation. « Il est toujours plus convaincant pour une banque qu’un porteur de projet ait des fonds propres. Pour qu’une banque lui fasse confiance, l’entrepreneur doit aussi savoir prendre des risques », estime la dirigeante d’ApisFair.

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Les prêts d’honneur : une source financière avantageuse

Au montant des fonds propres peuvent s’ajouter des prêts d’honneur, généralement à taux 0. Ils peuvent être sollicités auprès du réseau Initiative France . Mais aussi du réseau Entreprendre qui, lui, est plus sensible aux projets créateurs d’emploi.

« L’enveloppe allouée est en moyenne de 8000 euros mais ApisFair a accompagné des projets qui ont obtenu des prêts à deux chiffres ! », relève Samira Zabot.

Et pourquoi pas le crédit bail ?

Il s’agit d’une option préconisée parce qu’elle allège le montant emprunté et diminue le niveau d’endettement.

Le principe ? Votre banque se porte acquéreuse du gros matériel et des équipements coûteux. Puis vous lui payez un loyer. Et généralement, le coût de l’opération ne s’avère in fine pas plus élevé.

Des investissements importants mais de belles réussites

Comme pour toute création d’entreprise dans le secteur des métiers de bouche, le budget pour ouvrir une épicerie fine peut paraître conséquent. Mais il ne faut pas pour autant en être effrayé. Bien au contraire ! Car le jeu en vaut vraiment la chandelle.

 L’alimentaire est une valeur refuge qui poursuit son opération séduction. Selon le cabinet d’études Xerfi, le secteur de l’épicerie fine affiche de 7 à 9 milliards de CA annuel. Le commerce indépendant tire le marché vers toujours davantage de croissance malgré une activité dite « de niche ». La France compte en effet « seulement » 5300 épiceries fines !

 « Dans le segment de l’épicerie fine, on peut effectivement avoir des taux de croissance à deux chiffres ! assure Samira Zabot. Le consommateur est de retour dans les commerces de proximité et est en attente de bons produits. La crise sanitaire l’a montré. Les épiciers s’en sont bien sortis en développant le click and collect et la livraison à domicile ».

reconversion professionnelle

Un niveau d’épanouissement maximal !

Un segment agile, donc, et sources de grandes satisfactions pour l’épicier.

 L’épanouissement y est total ! La partie sourcing est passionnante, des liens forts se tissent avec les producteurs locaux et les contacts avec la clientèle sont enrichissants.

« Le travail de conseil et d’accompagnement est très agréable en boutique, note Samira Zabot. L’épicier a un réel impact positif sur le monde, c’est extrêmement gratifiant. Avec l’épicerie fine, on peut réellement devenir libre et vivre de sa passion ».

 

Plutôt tentant, non ?